Résumé du livre de Corinne Lepage «La vérité sur le nucléaire» parut chez
Albin Michel en librairie en mai 2011
Corinne récrie celles et ceux qui lancent des titres « Pour ou contre le
nucléaire ? » à l’image du titre de mon article mis en ligne sur over-blog.
Si j’ai choisi un titre quelque
peu provocateur c’était pour susciter l’envie aux internautes de le lire et surtout, parce que des proches m’ont posé la question :
«Est-ce que tu aies pour ou contre le nucléaire ? » Bien sûr ai-je
répondu par la négative.
Cependant, malgré un titre qui peut sembler simpliste, notamment à Corinne Lepage, se cache le résumé de plusieurs livres de spécialistes expliquant avec clarté ce que c’est et pourquoi, il faut lutter
contre l’implantation de réacteurs nucléaires dans les centrales française et étrangère.
Rappel, ce dimanche 22 avril 2012, les politiques de gauche invités sur le
plateau de France2 ont répété à Jean-François Copé que seul la centrale de Fessenheim fermerait ses 58 réacteurs !
Incroyable non, qu’une unique centrale française puisse dénombrer
cinquante-huit réacteurs encore en activité malgré les risques sismiques et une panne de réacteur capable de répandre dans l’atmosphère au moindre incident, un taux de radioactivité pouvant
détruire des milliers de vies humaines au nom du profit, au nom de l’argent.
Extrait du dossier de presse EDF du 12 avril 2012 - page 6 – sinon lire l’article dans son intégralité.
«La centrale de Fessenheim au sein du parc nucléaire français.
…. Les premiers réacteurs nucléaires, construits en France entre 1958 et 1966,
appartenaient à la filière UNGG (Uranium Naturel Graphite Gaz).
Ensuite, EDF a adopté une technologie américaine, plus efficace et moins
coûteuse : le réacteur à eau pressurisée (REP). Cette technologie a été déclinée sur chacun des 58 réacteurs, d’une puissance totale de 63 GW, mis en service entre 1977 et 1999, dont les 2 réacteurs de 900 MW chacun de la centrale de Fessenheim
en 1977.
La centrale nucléaire de Fessenheim a la particularité d’avoir été construite
et d’être exploitée avec la participation financière de la société d’électricité allemande EnBW, à hauteur de 17,5 % et de 3 sociétés d’électricité suisses Alpiq, Axpo et BKW, à hauteur de 15 %.
En échange, ces partenaires bénéficient de l’équivalent en électricité.
Entre 2006 et 2010, le parc nucléaire français a produit en moyenne 419
milliards de kWh par an. La centrale de Fessenheim produit en moyenne 10 milliards de kWh par an.» Fin de citation
419 milliards de kWh par an.
Cette dernière est une des centrales la plus ancienne en activité, après celle
de Brennilis, en démantèlement depuis 1985, sachant qu’elle a été construite en plein centre du Finistère à Brennilis située à 25 km au sud de Morlaix et à 60 km de Brest. Pour plus de détails, cliquez sur ce
lien Wikipédia.
Source
Greenpeace
Quelques mots sur Corinne
Lepage.
Extrait de son site «Biographie»
«Jeune avocate, elle fonde le premier cabinet d’avocats spécialisés dans le
droit de l'environnement avec son mari en 1978. L’affaire de l’Amoco Cadiz, dans lequel elle prend le parti des collectivités locales souillées par un pétrolier d’origine américaine en 1978, la
porte sur le devant de la scène médiatique. Elle travaille ensuite sur de nombreux dossiers concernant l'environnement, au côté d'associations et de collectivités locales.
En 1989, elle devient membre du conseil municipal de Cabourg dans le
Calvados.
Sans attache politique, elle répond positivement à la proposition d’Alain
Juppé de prendre en charge le ministère de l’Environnement en 1995. Elle obtient des avancées dans le domaine de la prévention avec l’adoption de la loi LAURE du 30 décembre 1996 (aussi appelée
loi Lepage), la création du Comité de la prévention et de la précaution et la fin de la participation de la puissance publique au comité permanent Amiante…. » Fin de citation
Page 21 : la vérité sur la catastrophe sanitaire de Tchernobyl (avril
1986)
«Le 18 avril 2006, Greenpeace a publié un rapport réalisé par 60 scientifiques de Biélorussie, d’Ukraine et de Russie, qui conclut, malgré quelques
incertitudes, à 200 000 décès constatés en 2001 en Russie, en Biélorussie, en Ukraine. Le même rapport indique de plus qu’à l’avenir, plus d’un quart de million de cancers, dont près de 100 000 cas mortels, découleront de la catastrophe.
On peut toujours contester ce bilan, mais la vérité est que le désastre
sanitaire n’a cessé depuis 1986, d’être réévalué à la hausse par toutes les autorités. Du temps où il était Secrétaire général de l’ONU, en avril 2000, Kofi Annan
citait le chiffre de 7 millions de personnes touchées. Il ajoutait «… plus de
sept millions d’êtres humains comme nous n’ont pas la chance de pouvoir oublier. Ils souffrent encore chaque jour des conséquences de ce qu’il s’est passé il y a quatorze ans. En vérité,
l’héritage de Tchernobyl n’a pas fini de nous poursuivre nous et nos descendants pendant des générations encore…»
Cependant, deux millions d’enfants nécessitent un traitement et ce n’est pas
avant 2016 au plus tôt, qu’on saura le nombre véritable de ceux qui développeront une sévère maladie.
«Un nombre qui ne fait qu’augmenter» pronostiquait dès 1995 Martin Griffiths, directeur du département des affaires humanitaires des Nations Unies, lors d’une
conférence à l’OMS.
Ces victimes souffrent de maux liés aux radiations : leucémies, cancers
du côlon, du poumon, de la vessie, du rein, de la thyroïde, du sein… L’irradiation aggrave de surcroît la morbidité (l’incidence des maladies) :
maladies du cœur et des vaisseaux (dans certaines régions contaminées par 5 à 15 curies de césium137 au km2, jusqu’à 80 % des enfants souffrent de symptômes cardiaques) maladies de foie, des
reins, de la glande thyroïde, altérations du système immunitaire… On constate également un arrêt du développement mental chez des enfants exposé in utéro, ainsi que des cataractes, des mutations
génétiques, des malformations congénitales, des malformations du système nerveux, des hydrocéphalies… Le plus lourd de conséquences est sans doute la situation sommaire des enfants aujourd’hui
vivant dans les zones contaminées…
… L’AIEA et l’OMS ont tenté de faire tomber la nuit sur les conséquences de la catastrophe russe, laissant supposer que vingt-cinq ans plus tard, tout
était réglé. C’est un mensonge… puisque d’immenses zones demeurent contaminées pour jamais, des générations entières ont vu leurs vies sacrifiées
compte tenu de leur angoisse à mettre au monde des enfants anormaux ou de subir un cancer, et le nombre de morts reste à terme une inconnue sans compter le danger que présente toujours la
centrale.» (Page 24) Fin de
citation
… page 25 «non seulement conduit les Européens à être habitués à vivre au
voisinage des centrales nucléaires (la France étant le pays en proportion, le plus doté de centrales nucléaires) comme s’il ne pouvait rien arriver, mais aussi contribué à «convertir» plusieurs
pays émergeants… gorgés de soleil et souvent aucune infrastructure technique et humaine ont été vivement incités à se doter de centrales présentées
comme le parangon du progrès et de l’accès à l’égalité avec les pays industrialisés. Non seulement la Lybie de Kadhafi et les pays du Golfe, du Sahara ont aussi été démarché. Comme le remarquait
le doyen Vedel, cela a autant de sens que de doter les ours de manteaux en fourrure… » Fin de citation
Ensuite apparaît une réelle révélation concernant le réacteur n°4 de la
centrale de Fukushima.
Page 29 «De graves
dissimulations
Les défaillances majeures dans l’évaluation sont d’abord venues de fraudes, de
dissimulations et pour tout dire de l’absence de contrôle.
En 1974, Mitsuhiko Tanaka supervisa la construction par Hitachi de la cuve du futur réacteur numéro4 de la centrale de
Fukushima Daiichi. Au cours de la dernière étape du processus de fabrication, d’une durée de deux ans et demi, une erreur technique provoqua le gauchissement de la paroi de la cuve. Cette malfaçon aurait dû, si l’exigence de sûreté avait prévalu, conduire à sacrifier la cuve défectueuse. Au lieu de cela, Tanaka se
vit demander de la refaçonner de manière à masquer le défaut. Par la suite, l’ingénieur a eu des remords et, après l’incident de Tchernobyl, il a quitté l’industrie nucléaire. En 1988, Tanaka a
signalé le problème de la cuve de Fukushima au ministre du Commerce japonais, avant de raconter l’histoire dans un livre intitulé Pourquoi le nucléaire est dangereux.
Au moment du tremblement de terre du 11 mars, le réacteur n°4 était à l’arrêt.
«Ce réacteur n°4 était une véritable bombe à retardement, observe Tanaka. Qui sait, ce qui serait produit s’il avait été en service au moment du séisme ?» L’ingénieur a déclaré au New York Times : «Il était temps de remplacer ce réacteur. Le tsunami aurait de toute façon causé de gros dégâts. Mais les tuyaux, la mécanique, les ordinateurs, l’ensemble des réacteurs sont vieux, et cela n’a pas
aidé.»
Tepco, la calamiteuse entreprise qui exploitait la centrale, a admis n’avoir pas respecté certains équipements liés aux systèmes de refroidissement, lesquels font cruellement défaut aujourd’hui. De plus, le «J’accuse» des techniciens nucléaires japonais souligne que l’installation de ces centrales s’est
faite avec des règles de sûreté manifestement très insuffisantes, voire avec une grande légèreté puisque, par exemple, les canalisations n’ont pas
été enterrées mais étaient à même le sol.
Plus encore, la société Tepco a elle-même reconnu avoir triché avec les
résultats des contrôles qu’elle avait effectués. Cela démontre au-delà de la catastrophe d’origine
naturelle, la prétendue sécurité absolue ne l’était que sur le papier…. La méthode de simulation hautement scientifique qui avait été utilisée conduisait à évaluer la hauteur maximale d’une vague de tsunami à Fukushima à 5,7
mètres : c’est sur cette base qu’auraient été construits les murs de protection.
Le 11 mars 2011 la vague a atteint bien davantage, même si ce ne fut que de 14 mètres comme annoncé pour mieux justifier la catastrophe…. Dès 2006, le sismologue Ishibashi Katsuhiko avait averti le gouvernement et les experts nucléaires que les centrales japonaises étaient trop
vulnérables aux séismes… en février 2011, les autorités de sûreté japonaises venaient de renouveler pour dix ans l’autorisation de fonctionnement du
réacteur n°1 de Fukushima Daiichi, alors que les défauts étaient connus. On connaît la suite.» Fin de citation
J’ajouterais, pour bien mesurer l’impact de la catastrophe de Fukushima, il
faut bien pénétrer que le modèle de la centrale est le même que les centrales américaines, françaises… et que le système de sûreté de toutes les centrales du monde est désormais faillible, sans
évoquer l’indifférence de l’Etat japonais à l’égard des victimes et que penser des survivants qui vont s’installer une année après la catastrophe dans une zone hautement contaminée ???
De fait, le nombre de 58
réacteurs nucléaires pour toutes les centrales françaises est un chiffre hautement erroné et cet avis n’engage que moi-même, d’autant que peu de personnes sont employées au sein des centrales,
notamment où sont les réacteurs par mesure de sécurité sanitaire, ce qui est une évidence. Donc, le nombre de réacteurs réels est un secret bien gardé.
J’ai une assez bonne mémoire auditive et Martine
Aubry répondant à Jean-François Copé sur le plateau de France2 après le premier tour des présidentielles donnant l’avantage à François Hollande :
Jean-François Copé «Vous pensez
fermer la centrale de Fessenheim ? »
Martine Aubry «Oui. Nous fermerons
les 58 réacteurs à Fessenheim.» J’ai recherché sur Youtube l’intégralité de la soirée, en vain.
Quoi qu’il en soit, le secteur
nucléaire est classé secret-défense et c’est uniquement le Président en personne qui prend les décisions. Toutes les commissions de contrôle sont des pantins articulés, même le ministre de
l’environnement Jean-Louis Borloo n’assistait plus aux réunions ! Celui qui tire les ficelles est au plus haut sommet de l’Etat.
Page 60-61 «La situation
européenne :
…Quelles qu’aient pu être les évolutions des traités de l’Union Européenne,
l’Euratom (cliquer que le lien) a subsisté, interdisant aux institutions communautaire, et en particulier au Parlement européen, d’intervenir sur
tous les sujets…. Ainsi ni l’Agence européenne de l’environnement ni le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ne peuvent évoquer
le sujet ! C’est une conception totalement dépassée de la démocratie. Les questions de radioprotection, les sujets liés à la sûreté nucléaire
relèvent incontestablement de la compétence de l’Euratom, même si la directive assez vague sur la sécurité a pu être votée en 2009. … pour ce qui
touche aux normes, donc aux conséquences sanitaires de cette énergie, l’Euratom garde tout pouvoir. Est-ce normal ? Non, d’autant que 54 % du budget de la recherche communautaire sont
alloués à l’Euratom.»
Page 62 «En France, jusqu’à l’arrivée de Jean-Louis Borloo, le contrôle de
l’Etat sur le nucléaire était, en apparence, soit partagé entre le ministère de l’Environnement et celui de l’Industrie… l’expression «en
apparence» doit être utilisée dans la mesure où la question nucléaire a toujours été tranchée directement par l’Elysée…. L’attribution du ministère à
l’énergie a donc fait long feu.… il s’agissait de créer l’illusion d’un contre-pouvoir de l’environnement face aux puissants réseaux dont disposent les dirigeants du secteur nucléaire. … très
vite Jean-Louis Borloo a accepté d’être absent de ce débat…» Fin de citation
Au regard des risques sanitaires, l’exploitant des centrales est tenu de
prendre une assurance en fonction de la convention de Vienne ou celle de Bruxelles. Page 63 Corinne Lepage évoque un consortium des compagnies d’assurances offrant une capacité d’indemnisation en cas de sinistres de 541 millions d’euros. Japon, la capacité est de 728 millions… «A titre de comparaison, la Suisse a évalué à 4000 milliards d’euros le coût d’un accident nucléaire !»
Page 68 L’exception française
«Au final, la poursuite de cette industrie se fait dans l’opacité, avec des
règles particulières totalement dérogatoires au droit commun et dans un contexte où la priorité absolue lui est donnée au détriment des intérêts sanitaires et, au-delà, du budget et de
l’économie.
Il en va ainsi parce que l’énergie nucléaire est la seule industrie dont on
accepte aujourd’hui qu’elle fasse courir aux Français un péril mortel, qu’elle crée des déchets qu’on ne sait pas traiter, dont la toxicité va durer des milliers d’années et pour laquelle il n’y
a en réalité aucune assurance. Autrement dit, l’Etat nucléaire est incompatible avec l’Etat démocratique et avec toute politique de développement
durable, même soft….» Fin de citation
Lutter
contre la
désinformation
L’auteur évoque alors la rétention d’informations de l’autorité nucléaire sur
le terrain avec les commissions locales d’information (CLI) qui sont informées au compte-gouttes (écouter en lien, l’émission complément d’enquête du 18 avril 2011 après l’incident de
Fukushima) et ne reçoivent que des expertises contradictoires rendant impossible la moindre prévention d’incidents éventuels sur le terrain. (P 78)
Un accident nucléaire en France et
au-dessus de nos moyens
Page 83-84 De nombreux incidents
ont eu lieu dans notre pays, sachant que ces incidents auraient pu être catastrophiques «Saint-Laurent-des Eaux en 1969 ; Chooz en 1968 ; Saint-Laurent-des-Eaux de nouveau en 1980 où la
fusion de deux combustibles du réacteur A2 a rendu celui-ci indisponible pendant deux ans et demi. C’est l’accident le plus grave répertorié en France (classé niveau 4 sur l’échelle
INES).
Page 85-86 Corinne Lepage évoque les exercices de simulations d’accident
nucléaire dans l’hexagone. Ils ont été réalisé dans les centrales de Cattenom et du Bugey près de l’agglomération lyonnaise. Le plus remarquable fut réalisé le 15 janvier 2009 à Belleville-sur-Loire dans le Cher. Tristement, l’exercice s’est avéré catastrophique, bien que chacun fût averti, ce fut une pagaille généralisée !!! Commentaire du Maire
«Nous étions dans un exercice
prévu avec des gens préparés ; qu’est-ce qui se passerait en cas d’incident réel dans une situation qui
surprendrait les gens et où la communication serait plus problématique ? …. Vu de la Mairie où nous avions heureusement apporté du travail pour nous occuper, l’exercice de la mise à l’abri des
personnes était calamiteux.»
Ces exemples de simulations montrent bien comment la sûreté nucléaire n’a
jamais envisagé la protection des habitants en cas d’incident grave comme celui de Tchernobyl, de Fukushima. Pire, la proximité d’agglomération fortement peuplée, comme celle de Nogent-Sur-Seine,
située à 60 kilomètres de la région parisienne et à 110 kilomètres de Paris ou le centre de Bugey qui est seulement à 35 kilomètres de Lyon (Sources Wikipédia : La région urbaine de Lyon
regroupait ~ trois millions d’habitants en 2004. Aujourd'hui on estime à 3.2 millions d'habitants la population totale de la région urbaine de Lyon.)
Bien sûr, il n’est pas évoqué ici, les centres de stockage des déchets hautement radioactifs, les piscines à quelques kilomètres de Paris et de l’usine de la Hague. (P88)
Ensuite, si les populations parviennent à intégrer un centre de confinement, le principal problème sera l’eau potable en bouteille, les légumes, les fruits frais et toute l’alimentation pour une
population d’environ douze millions d’âmes… A ce jour, rien n’a été prévu.
Deux incidents graves ont été classés niveau3 : La Hague en 1981 et
Gravelines en 1989. Un nouvel incident est intervenu à Blayais en 1999. Un autre, totalement déclassé sur l’échelle INES (International Nuclear Event Scale), a eu lieu à Tricastin le 9 juillet 2008 : une fuite d’effluents contenant 74 kg d’uranium a déclenché de la radioactivité à l’extérieur du site, une contamination de l’eau
potable et de la nappe phréatique.
Rappelons que le Gard est une région
fortement fruitières, légumières et viticoles (vigne). Les producteurs locaux ont dû changer l’appellation de leurs produits afin de les vendre…
Page 91 «L’accident du Tricastin, lequel n’a donné lieu qu’à une radioactivité
extérieure très modeste (qui aurait dû entraîner au minimum son classement à 3 sur l’échelle INES) a d’ailleurs conduit, en 2008, les viticulteurs et
les agriculteurs à changer d’appellation car plus personne ne voulait acheter les produits cultivés dans la région. La société
Areva-Socatri a été condamnée le 14 octobre 2010 à 40000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de
Carpentras pour avoir caché à l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) le grave accident qui s’était déroulé en 2008, dans ses installations de Tricastin… » Fin de citation
Corinne Lepage explique que l’incident de Tricastin ressemble fort à celui de
Fukushima, puisque le scénario envisagé était la perte du circuit de refroidissement conduisant à une fusion du cœur et à une rupture des tubes
générateurs de vapeur. L’unique différence étant que l’incident de Tricastin a duré une heure ( ???) ce qui ne fut point le cas du réacteur2 de
Fukushima qui fuit encore à l’heure où j’écris.
P89-91 Un sapeur-pompier témoigne «…le confinement des populations ne
s’improvise pas… dans les faits, la tâche sera encore plus difficile avec des ordres et des contrordres, l’affolement et la panique (accidents routiers, embouteillages etc…)… Si la contamination
est massive, ce sera le sauve-qui-peut mais du bon côté (direction du vent – j’ajoute et s’il n’y a pas de vent ???) car la première protection, c’est la distance, la seconde protection, le temps d’exposition, sachant que la dose de radioactivité absorbée est directement
proportionnelle à la durée.»
«Lorsqu’on sait, par exemple, que Nogent-sur-Seine est situé en Amont de la Seine et en amont de l’alimentation des nappes phréatiques parisiennes, on ne peut que s’interroger indépendamment de la pollution gazeuse, sur les conséquences
vertigineuses d’une pollution radioactive des eaux du Bassin parisien. Dès lors, les conséquences sanitaires d’un accident majeur en France serait catastrophique et en vérité…
ingérables…
…Lorsque l’Union Européenne met en place un système de contrôle de contamination des produits, elle le fait pour ceux qui sont importés du Japon et pas seulement pour
ceux provenant de Fukushima…. Le risque nucléaire fait peser sur notre agriculture une menace permanente.» Fin de citation
Page 92 - L’auteur souligne l’importance du problème économique lié au
tourisme qui aurait des conséquences terribles sur l’emploi, en termes économiques. Il s’agit de pièces détachées fabriquées en France qui seraient mis en cause par un tel incident. Bien sûr, il
y a le coût humain, les malades à prendre en charge et la décontamination des zones fortement polluées. Tout ceci aurait un coût que seul le contribuable français paierait compte tenu qu’Areva et
EDF sont fortement endettés à ce jour.
Enfin, le contribuable sera ponctionné encore davantage afin de mettre en
place les entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies axées sur le photovoltaïque ou la fabrication d’éoliennes…
Les trous sans fond du
nucléaire : Une nouvelle machine infernale
Tout d’abord, il y a le projet ITER qui est une fusion nucléaire produisant non pas de l’énergie, mais de
la chaleur. Contrairement à ce qu’en prétendent les adeptes, l’énergie utilisée est un combustible nucléaire mais en quantité moindre, présentant l’avantage de produire moins de
déchets.
Article d’Anygold au sujet du programme ITER, le plus pharaonique des projets, peut-être l’équivalent du
Concorde que Airbus a merveilleusement remplacé avec le succès que l’avionneur européen EADS
connait.
Au cours de l’émission scientifique de France Inter, présenté par Mathieu Vidard «La tête au carré»
ce Lundi 7 mars 2011, Guy Laval (cliquez sur ce lien pour écouter l’intégralité de l’émission) physicien des Plasmas,
Directeur au CNRS évoque «La fusion nucléaire» qui devrait voir le jour après la fission. Il explique qu’au lieu de fissurer l’atome pour créer de l’énergie, les physiciens ont eu l’idée de fusionner deux atomes entre
eux, ce qui démultiplie de façon spectaculaire l’énergie nucléaire libérée. Seulement, la chaleur de milliers d’atomes devient si forte, qu’il faudrait imaginer une cuve supportant des
températures s’élevant à des millions de degrés… Cette cuve reste à inventer.
Depuis 1946, la fusion nucléaire est à l’étude, car les déchets sont moindres qu’en utilisant la fission de
l’atome. Précisons que les déchets produits par la fusion ont une durée de vie plus courte… mais il y a de toute façon des déchets dont personne aujourd’hui, ne sait réellement quoi
faire !
Le 13 octobre 2008 un article publié sur France culture : «L'énergie
stellaire. Après vingt ans de tractations, le projet de réacteur expérimental à fusion thermonucléaire, baptisé ITER
voit, aujourd'hui, le jour en France. Il est implanté sur le site de Cadarache* dans les Bouches-du-Rhône. Il s’agit par ailleurs d’une zone hautement sismique dont les dégâts de 1909
restent dans les mémoires des descendants. Une dalle en béton a été construite pour résister à un éventuel séisme.
« C'est en juin 2005, qu'un accord historique a été signé entre l'Europe, le Japon, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et la Corée
du Sud pour cela…. » Fin de citation
Au micro de Mathieu Vidard, Guy Laval évoque Cadarache qui est seulement à une cinquantaine de kilomètres d’Aix en Provence, une petite
ville du Sud de la France que j’adore depuis ce jour, où notre prof de «Couture» nous avait accompagnées pour découvrir un défilé de mode qui eut lieu dans un salon de thé de la
ville.
L’usine nucléaire de Cadarache abritait la construction du super phénix doté d’un supergénérateur de deuxième génération. Ce site a été
fermé par Lionel Jospin qui était alors au gouvernement de François Mitterrand. Bien sûr d’autres ateliers ont poursuivi la tâche immense dont celle du projet ITER, consistant à produire une
énergie équivalente en degrés Celsius, à celle du soleil et davantage c’est-à-dire 150 millions de degrés Celsius…
La part financière de la France pour ce projet est de 15 milliards d’euros qui vont être retranchés de la dotation attribuée à la
recherche scientifique, qui bien sûr refuse pareille alternative. Et, d’après Monsieur Laval, c’est là, que le bât blesse, pour le moment... Car nombreux sont encore les problèmes à résoudre pour
que le programme ITER ne deviennent réalité... dans une cinquantaine d’années… au mieux !
A la fin de l’interview, Monsieur Laval avoue qu’il serait beaucoup moins coûteux
d’installer à Cadarache un laboratoire de recherche approfondi sur le photovoltaïque et toutes
les énergies renouvelables qui libèrent peu
ou pas de déchets, ni gaz carbonique dans l’atmosphère….
Cependant, il semblerait plus raisonnable de transformer l’énergie solaire en électricité, plutôt que de vouloir se mesurer à tout prix,
à mère nature.
* Risque sismique sur le site de Cadarache qui est situé sur la faille dite «Faille de la moyenne Durance» ou d'Aix-en-Provence -
Durance, de direction NNE-SSW, la plus active de France, et à proximité d'une autre, celle de la Trévaresse, de direction E-W, qui a engendré le plus grave séisme jamais enregistré en France
métropolitaine, le Séisme de 1909 en Provence.
La commune de Saint-Paul-lès-Durance a connu plusieurs épisodes sismiques. Un, le 11 juin 1909 d’intensité 5,5 ; un deuxième le 19
juillet 1963 et un troisième le 26 janvier 1967 d’intensité 4,5. La Ville de Manosque, à proximité, a connu deux épisodes sismiques : un le 13 décembre 1509 et l’autre le 14 août 1708. Ces
deux événements ont provoqué des dégâts importants aux constructions et sont recensés dans la base de sismicité historique (www.sisfrance.net) avec une intensité de VIII à
Manosque.
Selon l'Autorité de sûreté nucléaire, 6 installations du Centre devront être arrêtées pour non-conformité aux normes antisismiques
actuellement en vigueur : l'atelier de Technologie du Plutonium : 2002 (fermé en 2003) ; la station de traitement des déchets et effluents : 2006 ; Le magasin central des matières
fissiles : 2010 ; le parc d'entreposage des déchets : 2015 ; le laboratoire d'examen des combustibles actifs : 2015 ; l'entreposage Pégase : 2015 – Sources Wikipédia (risque sismique) Fin de l’article
Il y a également, la cherté du réacteur EPR, générateur de troisième génération, (cliquer sur le lien) fabriqué en France par le groupe AREVA pour une centrale nucléaire Finlandaise :
Page 121 «en France, le coût de l’EPR de Flamanville initialement prévu à 3 milliards, a été
réévalué à 4 milliards d’euros, puis 5,33 voire 6 milliards (soit 100 % d’augmentation, ce qui est énorme). Sus évoqué qui conduirait plutôt à un
coût de 6 à 8 milliards d’euros… avant Fukushima.
Il faut dire que le groupe AREVA a démarré une construction, en 2005, d’un EPR en Finlande… des malfaçons
en série, la remise en cause par les autorités locales de la sécurité du site a pulvérisé le calendrier initial avec un retard de quarante-quatre mois. Soit près de quatre ans !... la mise
en service aurait lieu en 2013. La situation des deux EPR en construction impacte très lourdement les finances d’EDF et d’Areva. Mais les finances publiques pourraient bien être
sollicitées ; en effet, la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) garantit l’EPR finlandais à hauteur de 610
millions d’euros, pour le compte de l’Etat….»
Page 122 Au sujet de la sûreté du générateur EPR, d’importantes réserves ont été émises concernant le
contrôle de commande :
«Le 15 octobre 2009, l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) avait indiqué à EDF que la sûreté d’un
équipement constitutif du contrôle de commande du réacteur de Flamanville3 n’était pas démontrée et avait demandé à EDF d’apporter des éléments de justification…» En 2010 ce fut ASN américaine
qui mit en cause la conception de
l’EPR…
http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php?aff=824
Il est bien évident, que c’est d’abord l’usager qui utilise l’électricité d’origine nucléaire qui paie
déjà plus chère sa facture d’électricité et ensuite le contribuable français constatant qu’un nouvel impôt est prélevé pour faire face aux dépenses du démantèlement des centrales anciennes, pour régler le coût du traitement des tonnes de déchets, l’entretien et la transformation de
l’énergie d’origine nucléaire en électricité et malheureusement, financer la construction de nouvelles centrales.
Le coût pharaonique du démantèlement
Page 171 «… Le risque que pressentait la cour des comptes en 2005 en recommandant la constitution d’un
fonds extérieur à l’exploitant - et son augmentation – est désormais évident. Ces recommandations n’ont pas été suivies. Au contraire, EDF a procédé
à une sous-évaluation massive du coût réel du démantèlement et est parvenue à supprimer l’existence effective des garanties financières susceptibles d’être mobilisées. Désormais ce sont les
contribuables qui seront appelés à payer le coût du démantèlement…. A fortiori une sortie du nucléaire à moyen terme exigerait un démantèlement plus rapide que celui programmé par EDF (s’étalant
jusqu’en 2080)…
Ce scénario catastrophe s’est déjà produit à une petite échelle avec le précédent de Marcoule (c’est le
premier site nucléaire de grande taille à être démantelé en France… un processus qui devrait encore se poursuivre ces trente années à venir. Le coût de l’opération avait été évalué à l’origine à
5,6 milliards d’euros. En 2004 au moment de l’ouverture du capital d’EDF et la transformation de la Cogema en Areva, ces entreprises avaient transférées aux Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) c’est-à-dire l’Etat, la charge
du démantèlement de Marcoule et de Pierrelatte. (Cliquer sur le lien, précisant que Marcoule était à l’origine un site militaire.)
Une évaluation malhonnête : La question de l’aval du
cycle – page 180-181
Les déchets nucléaires seront à l’évidence revalorisés dans un futur proche et se trouverait donc, sans
traçabilité possible dans des matériaux de construction, des routes par exemple.
Ici en lien, une émission de Arte – 2008 - évoquant le
problème des déchets nucléaires. Le site de Hanford
aux Etats-Unis dans l’Etat de Washington abritait en plein désert un programme militaire – Manhattan - démarré en 1939 – afin de
produire la première bombe atomique qui sera lancée sur Nagasaki en août 1945…
http://www.youtube.com/watch?v=2EqEZR2sraw&feature=endscreen&NR=1 18’
http://www.youtube.com/watch?v=ccnI_-1dtYQ&feature=relmfu n°2
http://www.youtube.com/watch?v=fWVl0r2Rw2k&feature=relmfu n°3
http://www.youtube.com/watch?v=vcZwOpQr3I0&feature=relmfu n°4
http://www.youtube.com/watch?v=0oP6uHGXQ-A&feature=relmfu n°5 Fin du reportage
Alors que je croyais avec une grande naïveté, que
seul les soviétiques pouvaient considérer le peuple à l’image d’imbéciles sans cervelle, je me trompais. Avant eux, dans l’Etat de Washington aux Etats-Unis, la rivière Colombia a accueilli
durant des années (1943-1987) tous les déchets hautement radioactifs de l’usine nucléaire de Hanford.
Incroyablement, des familles entières américaines de
la petite ville à proximité s’y baignaient joyeusement, ignorant exposer leurs corps fragiles au développement de cancers à plus ou moins long terme. Des analyses de sang étaient régulièrement
faites sur la population, sans jamais fournir le moindre résultat aux intéressés. C’est exactement l’attitude des Russes à l’égard du peuple après Tchernobyl. Ces malheureux
disent :
« Nous n’avons pas d’argent pour aller vivre
ailleurs. C’est ici que je suis né. Alors... » En revanche l’Etat soviétique disposait des moyens financiers à prendre en charge le déplacement
des populations sinistrées, ainsi que l’Etat japonais aujourd’hui, pour celles de Fukushima.
De fait, partout dans le monde les gens riches sont
intouchables, ils peuvent même donner la mort à ceux du peuple en toute impunité comme dans l’affaire du Médiator – procès ajourné pour vice de procédure – alors qu’il n’en existe aucun il va
être inventé !
En revanche, si un salarié règle un achat, un loyer
et que le chèque revient impayé, il lui sera facturé quarante euros de frais !!!
Je suis écœurée de vivre dans un monde où les
mensonges sont justifiés, où les menteurs sont au sommet de l’Etat, où la misère est bafouée par les hommes de pouvoir, d’argent. Que d’égarement non sanctionné. Même parmi le peuple, je pense au
commentaire d’une internaute Belge : «Nous avons besoin des patrons. Il ne faut pas les faire payer davantage.»
Bien sûr, les patrons font vivre des familles, alors
faisons payer ceux qui n’ont guère plus de 1200 à 3000 euros par mois pour vivre.
J’ajouterais, félicitons les patrons voyous ayant
thésaurisé, sur le travail des Français, des millions d’euros dans l’industrie, et d’investir là, où la main d’œuvre est moins coûteuse. Voilà la
réalité, voilà les responsables de la paupérisation de tous les Français et de la désindustrialisation du pays. Merci encore à ces patrons-là.
Il est bien difficile de conclure le résumé de ce livre car bon nombre d’alinéas sont relativement long.
Toutefois, il semblerait que les centrales nucléaires exigent peu de personnels – je crois par mesure de sécurité sanitaire – alors que les énergies renouvelables demandent plus de main-d’œuvre.
Association négaWatt.
Page 189 «L’association NégaWatt, formée d’experts prônant
la sortie du nucléaire, évaluait le nombre d’emplois créés dans les énergies renouvelables à 190 000 en 2010, 295 000 en 2030 et 610 000 en 2050 à condition qu’une politique
volontariste soit mise en place. Rapporté à un programme éolien équivalent, la création d’emplois générés par la construction et le fonctionnement
d’un EPR est 4,7 fois moindre : respectivement 630 339 emplois pour l’éolien contre
133 477 pour l’EPR... L’exemple allemand est édifiant : le secteur des énergies renouvelables a créé «120 000 emplois en quatre ans,
passant de 160 000 à 280 000 entre 2004 et 2008, l’engagement de l’industrie allemande des énergies renouvelables est de créer 500 000
nouveaux emplois (sources Héloïm Sinclair sur Naturovox lire à
partir de :
«benchmarker» ce qui va se passer outre Rhin dans le domaine des énergies vertes n’est pas de
l’éco-masochisme franco-allemand...) » Fin de citation
Par ailleurs, il semblerait que Corinne Lepage voit juste. Nicolas Sarkozy rêvait d’être le fournisseur
majoritaire d’électricité en Europe mais la France est loin du compte, puisque la France achète des mégawatts en 2009 pendant un mois entier !
Quant à l’indépendance énergétique de la France est une vue de l’esprit compte tenu que l’uranium enrichi
est fourni par le Canada et le Niger...
Autre point soulevé par Corinne Lepage, les pontes de tout bord qui siègent autant au sein de groupes
«verts» que parmi les pronucléaires, ce qui permet à cette industrie de se tenir au fait des actions, des découvertes des énergies
vertes...
En conclusion, la France a eu une chance extraordinaire de passer à gauche, ceci autorisera le nouveau
Président des Français, à changer une politique pronuclaire depuis le Général De Gaulle qui aujourd’hui a paupérisé une partie des Français – les capitaux investis dans une industrie dont le coût
final sera payé par les générations futures sur des décennies – sans évoquer le déficit budgétaire des comptes de l’Etat dont la dette est abyssale...
Fin